7 novembre 2012

De la technique à la créativité








J'espère que vous allez bien ??!

Je refais un petit tour par ici, pour le simple plaisir d'un billet !
Il se trouve que pas mal de gens me parlent de "A la douce" en ce moment... Enfin bref - trêve de nostalgie ;-) -, je suis là pour vous présenter le coin "Arts plastiques" des enfants à la maison et quelques plateaux.

Emma et Alexandre ont chacun un bureau dans leurs chambres respectives, avec le nécessaire pour dessiner (et écrire dans le cas d'Emma). Tout le reste du matériel créatif se trouve dans notre bureau.
En plus de l'intérêt évident de la mise en commun et du libre accès, cette solution nous convient bien car le bureau est une pièce où nous nous tenons souvent. Lorsque nous, adultes, travaillons, les enfants ont de quoi occuper intelligemment leurs mains à nos côtés.

Vue d'ensemble
 
Leur bureau, que mon grand-père avait fabriqué pour moi lorsque j'étais petite fille, n'est pas grand. Ils parviennent tout de même à y travailler ensemble sans trop se chamailler...


 Tableau d'affichage magnétique

Un meuble à étagères ouvertes permet de regrouper le matériel en libre service :

 

Dans la partie haute se trouvent :


- Quelques crayons / feutres supplémentaires
- La pâte à modeler et ses accessoires (rouleaux, ustensiles en bois, emporte-pièces...) rangés dans une boîte à tiroirs

- Des feuilles de papier blanc et de couleur
- Divers pochoirs et gommettes

- La peinture en gros bidons et des assiettes pour les mélanges
- Un petit bol + taille-crayons :

 

- Les bidons de colle liquide, vernis brillant et vernis-colle
- Les pinceaux (pour peinture et colle)

Dans la partie basse se trouvent les plateaux :


Plateaux de découpage :
en haut pour Alexandre, en bas pour Emma

Je propose aux enfants du découpage très progressif, c'est pourquoi chacun à son propre plateau.
De plus, Emma ayant besoin de ciseaux pour droitière et Alexandre de ciseaux pour gaucher, cela évite toute confusion.

Si cela vous intéresse, voici les liens pour télécharger mes fichiers de découpage :

- Découpage 1 - Traits simples
- Découpage 2 - Vagues
- Découpage 3 - Lignes brisées

Ils sont à imprimer de préférence sur papier coloré (c'est plus joli !) et assez rigide. Il faut ensuite découper le long des lignes pointillées afin d'obtenir des bandes.
L'enfant, quant à lui, s'exerce à découper sur les traits pleins.
La première page est la plus facile puis la difficulté est croissante, ceci pour chacun des trois documents.

Les petites découpes sont récupérées, puis jetées ou - le plus souvent - réutilisées pour un collage.


Plateau de collage

L'enfant dépose la colle sur une feuille grâce au pinceau puis applique les morceaux de papier.
Lorsqu'il s'est bien entraîné, nous pouvons lui proposer des projets plus construits, comme remplir une forme, un objet ou un animal préalablement dessinés avec les petits papiers par exemple.

 Utiliser une perforatrice
 
Pour rendre le travail plus aisé, j'ai découpé des bandes de largeur adaptée à la taille de nos perforatrices.
Les formes ainsi découpées peuvent également être réutilisées.
 
Voilà pour un petit tour d'horizon du matériel et des activités
"de base" à la maison.
L'entraînement à ces techniques donne aux enfants de bons outils pour explorer leur créativité !

16 avril 2012

Vive les vacances en classe !

Pas d'autre programme, des enfants motivés... Nous avons encore passé un peu de temps dans la classe aujourd'hui.

Alexandre est venu avec nous cette fois.
Depuis quelques mois, il va régulièrement au Nido avec Eve : sans aucun doute la meilleure préparation possible à ce qu'il vivra désormais dans la classe des 3-6 ans.

Pendant que je l'aidais à se mettre au travail, Emma a commencé par l'activité de transvasement à la petite pipette :


Alexandre s'est finalement fixé sur l'activité "transvaser à la petite cuillère" :




J'avais annoncé à Emma qu'elle pourrait commencer la première dictée muette aujourd'hui, et elle piaffait d'impatience !



Explosion de joie et de fierté !

Le travail du jour

Pendant ce temps, Alexandre s'est longuement absorbé dans le versé de l'eau :



Puis il a repris le cadre de la jupe :


S'en est suivi une petite pause pendant laquelle Emma a consciencieusement nettoyé la bassine du "laver les mains", sous le regard captivé de son petit frère :

Plaisir de faire mousser, encore et encore !

Le plus joli moment de concentration du jour a eu lieu ensuite, lorsqu'Alexandre a choisi d'enfiler des perles :





Pendant ce temps, Emma installait les barres rouges et bleues :




Association avec les chiffres de 1 à 5

Qui a dit que les enfants étaient malheureux à l'école ? ;-)

15 avril 2012

Eloge de la lenteur


Observons un enfant totalement absorbé dans son travail : il est calme, imperturbable, concentré dans un objectif de maîtrise ou de perfection. Il éduque sa volonté. Sa main travaille à la construction de son intelligence. Il est connecté avec son besoin profond. Ses gestes sont harmonieux, lents, mesurés.
L'enfant n'a pas conscience de ce qu'il construit en lui à ce moment, mais il ressent plaisir, sérénité et apaisement.
Une extraordinaire paix intérieure.

Observons cet enfant, et comprenons ce qu'il nous demande.

Respecter le travail et le rythme de l'enfant, c'est accepter de renoncer à notre ascendance sur lui. C'est abdiquer toute notion de supériorité. Cela ne va pas sans bienveillance, ni sans une immense confiance.

"L'adulte envisage le but extérieur de ses actes ; il a réglé sa vie par une sorte de constitution mentale : il s'agit pour lui d'atteindre au but par l'action la plus directe, c'est-à-dire dans le minimum de temps possible. En voyant les efforts de l'enfant pour exécuter une action souvent inutile ou futile et que l'adulte pourrait accomplir en un instant et avec bien plus de perfection, il est tenté de l'aider, interrompant ainsi un travail qui le gêne.
[...]
Si l'enfant essaye de se coiffer, l'adulte sent sa constitution attaquée ; au lieu d'être saisi d'admiration devant cette tentative, il voit seulement que l'enfant ne se peigne ni bien ni vite, et n'atteindra jamais son but. Alors l'enfant, qui est en train d'accomplir avec délices cet acte constructeur de sa propre personnalité, voit l'adulte, cet être haut comme le plafond, puissant au-delà de toutes limites, contre qui on ne peut lutter, venir à lui, lui enlever le peigne des mains, lui disant qu'il va le coiffer lui-même.
Et il en est de même quand le petit enfant va se donner du mal pour s'habiller ou pour lacer ses souliers. Chaque tentative est brisée. L'adulte est irrité, non seulement parce que l'enfant essaye en vain d'accomplir un geste, mais il est irrité par son rythme, par sa façon de se mouvoir, différente de la sienne.
Or le rythme n'est pas comme une opinion que l'on abandonne quand elle est surannée ou que l'on adopte quand elle est nuovelle : le rythme fait partie intégrale de l'individu ; c'est un caractère qui lui est propre, au même titre que la forme de son corps. Si le rythme est en harmonie avec le corps, l'individu ne peut en changer sans souffrance
."
Maria Montessori, L'enfant

Le rythme est constitutif de l'individu.
La lenteur est donc relative.

Nous, adultes, effectuons souvent nos tâches mécaniquement, dans un souci d'efficacité et sans plaisir.
Or c'est en étant, au contraire, pleinement connectés au présent, en agissant en conscience, que nous pouvons
(re)trouver le rythme qui nous harmonise.

"Ce n'est pas le futur qu'il faut redouter, mais l'instant qu'on laisse fuir dans le présent.
Il suffit pour cela de développer sa faculté d'attention et de rejeter toute pensée parasite. L'activité du moment doit être la seule qui compte. Agissez lentement en vous concentrant sur "ici" et "maintenant". Etre capable de changer la qualité d'un moment est un des dons les plus précieux. De même que chacune de nos cellules contient les gênes de toutes les autres, un moment est le reflet de tous les autres moments
."
Dominique Loreau, L'art de la simplicité

Agir en conscience, nous connecter à nos sensations, c'est ressentir le poids du pichet, le froid de la porcelaine et la cassure du poignet lorsque nous versons, la densité du fruit que nous coupons, la porosité de l'éponge que nous essorons, la résistance du tube que nous pressons...

Lorsqu'un enfant nous observe, mais aussi pour nous-mêmes, mesurons nos gestes, vivons-les pleinement. La lenteur, c'est-à-dire le juste rythme, s'incarnera dans nos mains.