6 avril 2011

Les mots magiques

"Merci. Un petit mot qui chante à l'oreille, et qui sait si bien chanter au coeur quand il exprime un sentiment. Mais s'il faut le quémander, en faire un réflexe conditionné, il perd de sa gratuité, et celui qui donne devient celui qui veut recevoir. S'il n'est plus que le vernis d'une politesse, il se dessèche et perd son essence." Anne Motte, magazine l'Enfant et la Vie.

La plupart des adultes attendent des enfants, même très jeunes, qu'ils soient polis (policés ?). Il faut voir avec quelle insistance, parfois, ils réclament ces petits mots "magiques" : bonjour, au revoir, s'il te plait, merci...
Cela me met toujours mal à l'aise, car j'imagine ce qu'un enfant doit ressentir, contraint à les "sortir de lui", sous cette pression de regards de surcroît.
Il peut être intimidé, réellement bloqué, effrayé, se sentir humilié, nié dans sa sensibilité, violé dans son droit à disposer de sa parole...
Enfin, je ne sais pas pour vous, mais moi je suis bien plus touchée par le regard et le sourire reconnaissants d'un enfant que par un "merci" contraint, vide de sens pour lui...

La politesse est un code social, sans lien direct avec nos sentiments ou pensées (en tout cas pas obligatoirement).
Or, c'est vers l'âge de 6 ans que le sens social apparait et se développe chez l'enfant. Il a alors naturellement envie de se conformer aux normes et aux codes de la société dans laquelle il évolue, et de les intégrer dans son comportement.
Cette évolution va de pair avec sa sensibilité croissante pour les sentiments d'autrui et son besoin d'être accepté au sein du groupe.
Avant 6 ans, l'enfant est égocentré. Exiger de lui des marques de politesse, c'est lui demander de mobiliser son énergie et son cerveau pour autre chose que sa découverte du monde et de lui-même (ce que lui dicte son "programme interne").
Chaque chose en son temps...

Nous le savons, l'enfant absorbe tout de son milieu et agit en grande partie par mimétisme.
Il parait donc judicieux d'être particulièrement vigilant à notre propre rapport à la politesse, en particulier au sein de notre foyer. Se montrer poli - en toutes circonstances - envers son conjoint et ses enfants (ce dès la naissance !), est à la base de cet apprentissage.
Quand je vois Alexandre gratifier l'assemblée d'un "auvoir toumonde !", avec un grand sourire radieux, lorsqu'il va se coucher, je me dis qu'un enfant est naturellement fier de comprendre et de reproduire ce que font les adultes, à partir du moment où il n'y est pas contraint.

Au quotidien, je n'exige pas d'Emma qu'elle soit polie.
En revanche (car je fais une distinction fondamentale entre politesse et respect) il est impensable pour moi de répondre favorablement aux injonctions du style "J'ai soif !" ou "Encore des pâtes !". Dans ces cas-là, je lui demande de reformuler : "Comment dois-tu demander ?" Si elle n'y parvient pas, je le fais pour elle : "Maman, j'aimerais de l'eau s'il te plait". Etant entendu qu'un "J'aimerais de l'eau" me convient, le "s'il te plait" est pour moi optionnel.
Ces derniers temps, je constate qu'elle dit de plus en plus spontanément "merci", mais uniquement lorsqu'une attention la transporte réellement de joie.

Il me semble qu'il faut faire très attention, également, aux termes que nous employons. Un enfant qui dit "bonjour" ou "merci" n'est pas gentil, il est poli. Et un enfant qui ne le fait pas... n'est pas méchant.
Lorsque nous nous promenons dans notre petit village, je salue les gens que nous croisons. Il arrive qu'Emma me demande : "Pourquoi tu as dit 'bonjour' au monsieur ?". Et je lui réponds simplement : "Parce que c'est poli".

Comme souvent, je trouve que le principal problème avec cette histoire de politesse, c'est le regard des autres.
Il se trouve qu'Emma est une petite fille qui a besoin de temps pour se sentir à l'aise et en confiance. Ma technique pour ne pas passer pour "la mère indigne aux enfants mal élevés" (auprès des commerçants de mon village notamment...), c'est de formuler pour elle (si elle ne le fait pas spontanément, ce qui est presque toujours le cas) le "bonjour madame", ou le "au revoir monsieur" tant attendus. J'ajoute un petit regard complice à l'intention de l'adulte demandeur, et l'honneur est sauf !

Merci de m'avoir lue. ;-)

23 commentaires:

  1. Et oui, le fameux regard des autres n'est pas évident! Je préfère aussi un sourire franc ou un regard qui sort du coeur plutôt qu'un merci automatique. Je vois tout à fait ce que tu dit quand au besoin de sentir à l'aise et en confiance et quand je sens que le bonjour ou le au-revoir est important pour notre interlocuteur, je demande à Lyna de faire un signe de main ce qu'elle fait plus facilement ou je le formule pour elle.
    Tu as vraiment l'art de mettre en mots pleins de nos pratiques quotidiennes, merci, ça me permet de prendre du recul et de ne pas me sentir seule.

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  2. Je suis tellement d'accord. On voit trop d'enfant 'policés'.
    Merci de mettre si bien des mots sur nos pensées !

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  3. Un grand merci pour ce post, je suis en plein dedans avec mon troizans et je ne savais comment m'y prendre ! Comme d'habitudes, vos (tes) paroles et pratiquent me parlent beaucoup !

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  4. Ici on ne parle pas de mots magiques mais de mots agréables. Je ne supporte pas l'idée qu'un mot puisse être magique. Si lo'bjet convoité est interdit (pour raison de sécurité par exemple) tous les s'il te plaît du monde ne lèveront pas l'interdit. En revanche, se soucier d'être agréable envers les gens avec qui on vit me paraît essentiel.
    Noémie

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  5. je suis tout à fait d'accord avec toi, c'est exactement comme cela que je procède ! c'est d'ailleurs tout à fait cohérent avec le développement de l'enfant. Notre attitude polie et bienveillante vis à vis des autres va encourager l'enfant dans ce sens,
    on peut discuter des heures sur ce sujet...tu l'as très bien résumé !...
    la remarque de Noémie est tout à fait juste.

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  6. juste un témoignage d'un instant surpris à la crèche au moment du gouter de mon enfant (2 ans).
    il avait dormi plus tard cet après midi là et donc prenait son gouter à mon arrivée...
    il était assit avec 2 autres enfants, et avait perminé de manger son yaourt et regardait l'activité à coté de lui.
    il attendait.
    la "dame" qui assurait l'accompagnement du gouter ce jour là était debout. elle se retourne prend un gateau dans la boîte, le tend à mon enfant. elle ne le regarde pas, ne lui parle pas, ne l'appelle pas.
    l'enfant continue d'obsever ce qui se passe ailleurs et au bout de ce qui m'a paru une éternité, dit "qu'est ce qu'on dit".
    aucun des 2 ne m'avaient vue, je m'approche alors et dit " je crois que x attendais que tu dises merci pour te donner ton gateau. c'est vrai que nous faisons différemment à la maison."
    alors il a dit "merci"

    je me suis sentie nulle de ne pas savoir dire à cette mégère qu'elle ne se mettait même pas à la hauteur de l'enfant, qu'elle ne lui parlait pas, et qu'elle exigeait un mot de remerciement alors qu'elle ne donnait rien !

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  7. bonjour je lis ton (jsp que tu acceptes le tutoiement) blog depuis qq semaines je peux te dire que tu fais partie de notre révolution à la maison et je t'en suis reconnaissante ++++++++++

    j'écris aujourd'hui car je ne serai dire mieux je fais exactement pareil avec mes enfants je n'exige d'eux que le s'il te plait quand il demande gateaux yaourts.... après ils sont toujours très poli à la maison "merci maman que j'aime" "s'il te plait mon papa" "c'est très gentil...." mais a l'exterieur je ne leur demande rien car je ne veux pas les embarrasser donc comme toi je formule a leur place quand je sais qu'ils ne diront rien
    audrey

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  8. Le coup du 'j'ai soif' est d'actualité ici ; cette expression ne suscite aucune réaction en retour de ma part. Par contre, je demande à ma fille : "tu voudrais que je fasses qqch pour toi ?"
    Si elle s'énerve ("J'AI SOIF !!!"), je lui rappelle qu'elle peut demander mon aide si elle en a besoin.
    En dernier recours, je reformule : "tu voudrais que je te serve un verre d'eau ?" (en insistant toutefois sur le fait que je n'avais pas compris qu'elle attendait de moi que je la serve).
    Et quand elle est mieux lunée, ça marche tout seul ! :-)

    Autre point sur lequel je ne cède pas : les gestes déplacés entre frères et soeur (de plus en plus fréquents). En m'adressant à la grande, je demande d'expliquer ce qui se passe (empathie), si il n'y aurait pas un moyen -autre que la violence- d'exprimer son mécontentement. Hors de question de frapper ici ! J'attends donc au minimum un pardon en retour, voire un bisou (facultatif).

    Du reste, je suis parfaitement en accord avec toi, l'enfant n'est pas tenu de dire un 'bonjour' forcé.

    En parallèle, ils écoutent aussi le CD des 'formulettes' (A. Sylvestre) qui fait aussi son petit bout de chemin dans leur tête ;-)

    Je trouve ça très bien que tu aies abordé le sujet ; cela permet de confronter les façons de faire de chacune (et faire évoluer nos propres comportements).

    Sylviane.

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  9. Je suis très partagée sur ton billet. Tes premiers propos m'ont un peu heurtée (mais c'est normal : je suis dans le cas particulier "maman d'autiste", donc un de mes enfants n'intuite absolument pas la relation sociale, ça oblige à des observations et réflexions auxquelles ne sont pas contraints les autres parents), parce que je sais à quel point "ne rien exiger de poli avant 6 ans" est souvent mal interprété, et certains le paient parfois très cher par la suite. L'exemple ne suffit pas toujours, loin s'en faut ! (même sans aller jusqu'à l'autisme, qui représente quand même environ 10% des enfants, mais en France 90% ne seront jamais diagnostiqués, juste malmenés voire maltraités) Alors sans aller jusqu'à "exiger", il me semble important de "demander" systématiquement, comme tu le fais du reste (et même tu exiges certaines formulations qui contredisent tes premiers propos -pour ma part j'en dis ouf), sans en faire un drame quand ça n'est pas suivi d'un effet parfait (mais sans pour autant que ça n'ait pas de conséquences naturelles et/ou logiques -à distinguer de la punition, merci).

    Enfin tu as du bol, chez nous l'environnement est moyen pour l'exemple pour notre "petite dernière", les commerçants ne répondent que très aléatoirement à nos bonjour, on est tombés dans une région de malotrus particulièrement gratinés...

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  10. Je me permets de faire partager ton article via mon blog.

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  11. Stef : Le signe de la main fonctionne bien ici aussi. ;-)
    Globalement, face aux autres adultes (en particulier s'ils nous sont quasiment inconnus), je n'hésite pas à prendre la défense de mes enfants. Les gens sont prompts à poser un jugement, tant pis, mes enfants sont plus importants pour moi. ;-)

    Eugénie : Je trouve aussi que beaucoup d'enfants sont policés, formatés.
    Mon impression est que, dans l'objectif avoué de les rendre "bien élevés" (et aussi, sans doute, de les préparer à notre monde dur et cruel), certains parents cherchent à inculquer à leurs enfants des pratiques, ou notions, qui ne sont pas de leur âge. Pour ma part, je ne peux m'empêcher de me demander quelles sont les conséquences de cette privation d'un pan de l'enfance, de cette non-prise en compte du développement normal et sain d'un enfant...

    Celophine : J'en suis heureuse. :-)

    Noémie : Oui, tout-à-fait d'accord, c'est en substance ce que j'essayais d'expliquer sur la différence à mes yeux entre politesse et respect.
    Le terme "magique" ne me plait pas plus qu'à toi !
    Pour moi, simplement, une façon agréable de demander (ou de recevoir) les choses ne passe pas obligatoirement par un "s'il te plait" ou un "merci". ;-)

    Véro : Merci. :-)

    Nathalie : Je te remercie de partager avec nous cette anecdote, totalement affligeante d'ailleurs... Que des professionnelles de l'enfance puissent se montrer à ce point désintéressées (ou ignorantes ?) de la nature de l'enfant et de ses besoins est d'une grande tristesse. :-(

    Audrey : Le tutoiement ne me dérange pas, bien au contraire.
    Je serais curieuse de savoir en quoi consiste cette petite révolution dans votre maison, si tu as envie de m'expliquer. ;-)

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  12. Sylviane : Merci de partager ton expérience avec nous. :-)

    Pour le "J'ai soif !", le truc c'est que je sais qu'elle attend mon aide (parce qu'elle a la flemme de se servir toute seule) et que je ne me sentirais pas à l'aise de faire semblant de ne pas comprendre... Mais c'est évidemment très personnel. ;-)

    Sur la question des tapes/griffures/morsures et autres douceurs qu'Emma et Alexandre sont capables de s'infliger, mon positionnement varie (et n'est sans doute pas parfait, d'ailleurs). S'ils "se battent", je les laisse gérer leur différend dans les limites de "l'acceptable" (je les empêche de s'éborgner, tout de même !), du moment que l'un ou l'autre ne prend pas un ascendant qui pourrait être dangereux et/ou traumatisant. En général, dans les 5 minutes qui suivent, ils se font des câlins ou jouent ensemble...
    Si l'un des deux vient se plaindre à moi, je l'écoute puis je lui rappelle que se faire mal n'est jamais un bon moyen de se comprendre, qu'il faut s'expliquer avec des mots, etc.
    Si l'un des deux fait du mal à l'autre, je m'occupe de "la victime" et je la plains : "Tu as eu mal/peur, tu es en colère, ça n'est vraiment pas drôle de se faire taper...". Et, m'adressant dans un second temps à "l'attaquant" : "Ton frère/ta soeur a eu très mal. Elle/il est triste et en colère de s'être fait(e) taper, elle/il a besoin d'être consolé(e). Il est interdit de se faire du mal !"

    En effet, c'est toujours très intéressant de confronter nos points de vue et comportements. ;-)

    Plouf_le_loup : Ah chouette ! Un avis contraire. ;-)

    Tout d'abord, merci d'évoquer ici le cas autistique. Je serais bien incapable de le faire car je ne connais pas (ou si peu) le sujet.
    Je parle dans ce billet, et sur ce blog de façon générale, de mes propres choix/idées de maman. Or, j'ai la chance que mes enfants aient un développement parfaitement normal. ;-)

    Qu'entends-tu par "certains le paient parfois très cher par la suite" ?

    Je me suis relue, je n'ai pas l'impression de me contredire. ;-)
    Après leurs tout premiers mois de vie, j'attends de mes enfants qu'ils respectent mes besoins dans la mesure de leurs capacités. Cela fait d'ailleurs partie des limites claires et immuables que je pose : respecter l'intégrité physique et les besoins d'autrui.
    Je ne suis pas la "bonne à tout faire" de la maison. Emma a 3 ans 1/2, elle s'exprime parfaitement, elle est capable de comprendre que j'ai besoin que l'on me demande les choses respectueusement. C'est ce que j'attends d'elle.
    Lorsqu'elle ne parvient pas à le faire (pour x raisons), je reformule pour elle, je lui réexplique ce que j'attends.
    Il peut arriver que je refuse carrément de m'exécuter si son comportement (au-delà de la simple formulation) heurte mes sentiments, car j'essaie toujours d'être sincère et cohérente avec ce que je ressens.
    En revanche, refuser (dans l'absolu, pour le principe) de lui donner quelque chose parce qu'elle n'a pas dit "merci", cela s'apparente pour moi à du chantage (et non à une "conséquence naturelle ou logique"), que je souhaite absent de ma relation avec mes enfants.

    Sinon, oui les gens sont souvent malpolis et irrespectueux. Je continue pourtant à être polie et respectueuse avec eux, particulièrement en présence des enfants.
    Nous sommes les premiers modèles de nos enfants. C'est ce qu'ils vivent au sein de leur foyer qui les construit et les influence en premier lieu, surtout si jeunes.

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  13. Comme je suis d'accord avec vous! Moi, la marchande de jouets, j'en ai un peu assez de cette nouvelle mode qui consiste à obliger les enfants à dire " merci madame en regardant la dame dans les yeux", ce que certains parents se sentent obligés de faire pour montrer qu'ils élèvent bien leur enfant! Moi je trouve pas ça terrible comme méthode d'éducation. Les gentils bambinos ont bien autre chose à faire dans un magasin de jouets que de me dire bonjour. Mais j'aime aussi les vrais et beaux et naturels Au revoir LA DAME que j'ai de temps en temps , les petites mains qui me font des au re voir tout naturels quand un enfant en ressent le besoin. Bref, la politesse c'est avant tout un gentil échange de regards, et je m'y applique!

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  14. juste te remercier pour ce texte qui m'a bien fait réfléchir! Merci

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  15. Le respect, c'est le mot clé.

    Pas mal de parents voudraient que les enfants se comportent en 'adultes' si vite (calme et silencieux pendant des heures de repas, le rangement maniaque tout petit, contenir ses sentiments etc...)...

    J'ai lu récemment "Poser des limites à son enfant - et le respecter" de Catherine Dumonteil-Kremer et elle explique bien les différentes limites (de la famille, de la société...) et les capacités de l'enfant suivant son âge.

    J'aime beaucoup tes articles qui ouvrent des débats passionnants ! Merci.

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  16. Pour "s'il te plait" et "merci" , on a expliqué à Sacha que c'était plus agréable de demander les choses poliment et on pense, entre nous, à se le dire (et à lui dire à lui aussi).
    Donc s'il déboule en disant "je veux de l'eau", je lui demande juste "on dit comment ?" ...parfois il me répond "poliment !!!" et ça me fait bien rire.
    En revanche, je n'en fais pas une religion... et par exemple dans le cas où je lui demande ce qu'il veut pour le goûter, je n'attends pas qu'il me dise "un gâteau s'il te plait" puisque je lui propose d'avoir qqch.

    Pour "Bonjour" et "Au revoir" je lui donne juste l'exemple en le disant ; ensuite quand les personnes insistent (en disant spécifiquement "Au revoir Sacha" par exemple), je lui dis "on dit 'au revoir ?'" en faisant un petit signe de la main (je dis bien "on" pas "tu"... ) et il fait le petit signe à son tour.
    Je ne me vois pas lui imposer de dire qqch -même un bonjour/au revoir- à quelqu'un qu'il ne connait pas !
    visiblement, ma technique n'est pas mauvaise puisqu'il commence à faire spontanément les petits signes voire à dire "au revoir".
    la semaine dernière, quand il a dit "au revoir" en sortant d'un commerce, la personne de l'accueil était toute tourneboulée ! Je pense que le coté spontané redonne toute leur valeur à ces formules.

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  17. Milo n'avait plus trop envie d'être "poli" ces derniers temps. Je n'ai pas trop insisté et puis nous avons lu "Dis bonjour" de Jean-Charles Sarrasin (ecole des loisirs). Un petit lapin qui n'a pas très envie de dire bonjour aux adultes rencontre un loup qui se fache qu'on ne lui dise pas bonjour... Du coup, il veut manger le lapinou et tous les amis de maman viennent le sauver en disant BONJOUR au loup... Qui en le serrant fort dans les bras, comme l'ours... ou en le bisouillant trèèèès baveusement comme la poule... etc.
    C'est très drole, assez théatral et va savoir, le soir même, Papa a eu droit a un magnifique "Bonjour" en rentrant du travail.

    Tu as raison, l'exemplarité est fondamentale,m mais je trouve aussi que c'est en transférant la situation à l'extérieur d'eux-même que les enfants comprennent parfois les choses. La littérature de jeunesse m'aide souvent.

    Ceci est un long commentaire pour une première fois ! Je t'ai découvert il y a peu de temps et cette fois, j'ai eu envie de te répondre.

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  18. je suis vraiment d'accord, et le "fais un bisous" aussi !
    c'est difficile parfois cette notion de respect et politesse, mais la politesse est une des valeurs très importante à inculquer, pour les parents et les adultes en général ! l'amalgame est souvent fait entre les 2
    pour ma part je ne demande pas le merci, mais dès qu'un autre adulte est a coté il le pointe, en demandant à l'enfant de le dire. Compliqué du coup se décalage et c'est vrai que ca met mal à l'aise !
    merci pour ce post très intéressant
    Aurore

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  19. C'est tout à fait ça! 100% d'accord!
    Encore une fois merci pour ton blog qui m'aide bien souvent quand je m'enlise avec les enfants.

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  20. Fany, ce n'est pas la poule mais la demoiselle cochon qui fait les bisous baveux dans le livre "Dis Bonjour" ;)

    Sinon, plus sérieusement, je suis plutôt d'accord avec le fait qu'un signe de la main peut remplacer un bonjour parlé, mais à l'école, tout en y allant progressivement, la maitresse demande maintenant aux enfants de "dire" bonjour avant de faire un calin ou un bisou s'ils le souhaitent.
    Je sais bien que c'est un code à apprendre, mais ça me fait quand même parfois mal au coeur de voir mon fils aller faire un bisou à l'Atsem et se faire répondre "Ah non, tu dis d'abord bonjour" :(
    D'ailleurs il va plus spontanément dire ce bonjour à la maitresse qui a moins été "sur son dos" à ce sujet - coïncidence? pas sûr..........

    Et depuis quelques temps elle a attaqué le Au Revoir ........... mais moins systématique (heureusement car à l'heure de la sortie c'est dejà très floklo!!)


    Encore merci pour ton blog Aude

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  21. Que j'aime ce post ça me fait penser a la maraine de ma fille qui voulait absolument que son fils me dise au revoir lui ne voulait pas que l'on parte je lui ai donc dit laisse le ne le force pas moi je me suis approchée de lui et je me suis mise à sa hauteur en lui disant je sais que tu es triste mais nous ne reverrons bientot je te dis au revoir.
    Il n'a pas répondu et le temps que nous descendions les marches de l'escalier il était arrivée a la fenetre pour nous dire au revoir de la main.
    adeline

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  22. Mon mari et moi, nous parlons souvent de cet article que tu as écris il y a déjà plusieurs mois. Merci d'entraîner cette réflexion. Tu m'as permis de continuer ma remise en question et ce sujet de la politesse, je n'y avais pas pensé. Enfin, j'y pense à l'école (je suis enseignante et cette année, j'étais en maternelle) lorsque je demande à un enfant de demander pardon lorsqu'il a fait mal à un autre enfant ou qu'il a manqué de respect à quelqu'un. Je me demande souvent quelle portée à ce "pardon" si l'enfant n'en pense rien. J'en ai déjà parlé avec mes collègues mais eux pensent que ça n'a pas d'importance. Ils justifient ça en disant que le principal est que la personne "victime" ait l'impression qu'il y a eu réparation. Mais cette réponse ne me satisfait pas pleinement. Mais comment faire dans un groupe-classe avec des éducations à la maison aussi hétérogènes ?

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  23. callista !
    J'aimerai bcp partager avec sur ce sujet qui moi aussi m'interroge !
    Je suis nourrice à domicile, depuis des années et des années je garde des enfant, j'ai donc souvent vu ce genre de scène (pardon obligatoire pour le petit tapeur), qui m'a tjs mis mal à l'aise, sans trop savoir pourquoi, perso je le fais jamais (je propose qd la situation s'est clamé aux enfants de se réconcilier, je n'impose rien).
    Je n'ai compris pourquoi que lors d'un évènement concernant ma fille !
    Je t'explique, sa cousine d'a peu près le même âge (elles avaient peut être dans les un an et un an et demi, pour te dire comme elles étaient petites en plus :), tape ma fille pour une dispute de jouet, ma bs qui s'acharne (enfin insiste lourdement)pour que sa fille (qui donc ne parle pas) fasse un bisous à la mienne pour s'excuser...
    Finalement cette scène, pour y avoir réfléchis longuement, est un bon exemple aussi pour un plus grand. Le besoin de "punir" ou exiger la reconnaissance d'un coupable, je pense que ça vient bien plus tard, pas dans la petite enfance en tout cas, donc pas avant 6 ans, deuxièmement, au final ce qu'on voit et donc ce que voit l'enfant tapé dans cette réaction, c'est qu'il a mal et que personne ne s'occupe de lui, de le réconforter, de tenir compte de ses sentiments, l'adulte étant trop absorbé à exiger le pardon de l'autre enfant !
    Et enfin, lorsqu'on se dispute, n'est il pas mieux de leur montrer que non on n'est pas obligé de s'entendre avec tout le monde, juste obligé de respecter le corps d'autrui (donc interdit de taper oui, obligation à pardonner et jouer avec non), je m'exprime sans doute pas très bien, mais je ne pense pas qu'un pardon qui écorche la bouche fasse du bien à l'enfant "agressé".
    Dans un groupe classe, pour ce qui est de gérer les disputes, n'est il pas plus productif de leur apprendre à s'écarter de l'autre qd la dispute pointe son nez ? ou de leur montrer à solutionner leur soucis autrement que par la violence ? Les enfants dont on exige un pardon systématique (alors qu'ils sont en froid avec la dites personne donc tout sauf sincère) ne tape pas moins au final, ça ne leur sert pas de leçon pour la prochaine fois je veux dire, donc productivité zéro !
    qu'en penses tu ?

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